A LA SUEUR DE TON FRONT (2024)
Dans la Bible, plus exactement dans le livre de la Genèse, Dieu chasse Adam et Ève du paradis, et les maudit ainsi : “C’est à la sueur de ton front que tu mangeras du pain, jusqu’à ce que tu retournes dans la terre d’où tu as été pris; car tu es poussière et tu retourneras dans la poussière!” Ainsi est le proverbe qui se réfère au travail que nous connaissons tous. Pour la plupart des gens, il n’y a rien de plus digne que de se sacrifier pour le travail ; à chaque table chilienne de la classe moyenne, on a parlé un jour de l’effort que nos parents ont fait pour apporter le pain et l’accomplissement des rêves que permet le travail acharné. Cette croyance en est venue a justifier des conditions de travail précaires et extrêmes, banalisées par la société chilienne et comparées ou assimilées à l’esclavage : de longues journées de travail au soleil pour les travailleurs de la poste ; des horaires qui ne permettent pas de déjeuner, petit-déjeuner ou d’aller aux toilettes pour les travailleurs des transports publics ; aucune protection contre les accidents et les maladies pour les salariés ; une longue liste à laquelle chaque travailleur salarié pourrais avoir quelque chose à y ajouter. On continue à travailler sous la promesse qu’à un moment donné l’obligation s’arrête et que l’on peut dès lors vivre pleinement, car la jouissance et la vie se trouvent hors du temps de travail, le corps et l’esprit étant assujettis au durant le processus de production. Le corps-travailleur à l’espoir de vivre ce temps en dehors des horaires officiels de travail, mais la vérité pour la plupart est que le travail finit par éclabousser tous les aspects de l’existence, toutes les heures de la vie.
C’est à partir de ces idées que l’intervention a été élaborée, nous avons a cherché à proposer une réflexion sur ce qui a été dit précédemment. Un stand a été installé sur la Plaza de Armas où les artistes et les passants ont échangé. L’action a consisté à payer 1 000 pesos contre la sueur du front de chaque personne, tout en demandant à chaque participant son ambition ou désir le plus important lié au travail : Pourquoi travaillez-vous autant ? Après l’intervention, un réseau élaboré de pochettes plastiques et d’attaches a été installé dans la galerie, contenant les chiffons avec les sueurs de chaque personne, sur chaque linge est inscrit le nom et l’âge du participant. Un enregistrement vidéo de l’activité est diffusé aux coté du stand occupé lors de l’intervention et une enceinte audio transmet dans toute la salle les réponses des participants. À cela s’ajoutent sur un tableau les sueurs des deux membres du collectif et 6 peintures inspirées par la propagande soviétique, qui comprennent des slogans sur le travail artistique. Avec ces deux dernières œuvres, le regard des membres du collectif en tant que travailleuses de l’art s’intègre à l’installation.






